Le bois qui boit

L'écharpe d'Iris

Pour éviter à un fané bleu anthraquinone et à un vineux rouge outremer de se muer en sinistre violet cobalt synus…

Faire serpenter insidieusement en leur travers un aventureux filet de pur vert praséodyme qui trouvera judicieux aux détours d'un de ses irrigant méandres de s'encadrer d’une tendre terre verte de bohème, piquetée d'une délicate mousse disazo…

Aussi douillettement installé, le ruisseau s’épanouira en un pimpant fleuve vert jaune chinphtalon dans lequel orpimentalement viendront s'abreuver jaunes perdrite, praédodyme, indien, citrin illuminant ocres blondoyants et oranges de cadmium.

Réchauffé par cette festive gaité, le livide rouge, d’anglais à écarlate pyrole s’enflamma, embrasant cochenille, nacarat, andrinople, naphtol, vermillon, rubis quinacridone et Pompéi de son seul souffle.

Le morose bleu, turquin de nature, prit soudain goût pour l'outremer et l'azur, voyagea de Capri aux confins de la Prusse y dénicha turquoises, majorelles, topazes, aigues marines, lapis-lazuli.

Il fit don à sa rubescente voisine de ces trésors, qui sous un ciel incandescent, se moirèrent en zinzolin, indigo, et violet carbazol...

Le récit de cette chromatique épopée fut couché d'un noir de vigne ivoire qui ne s'oxyderait jamais, sur un parchemin lithopone, phosphoremment iridescent, mis à l’abri dans un célèbre millefiori aujourd’hui détenu par la coruscante et diaprée cité d’Olympe...


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